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• Wednesday, May 05th, 2010

Les prévisions de printemps de la Commission européenne confirment que la reprise économique est en cours dans l’UE. Après avoir traversé la pire récession de son histoire, l’économie de l’UE devrait connaître une croissance de 1 % en 2010 et de 1¾ % en 2011.


Néanmoins, la faiblesse de la demande intérieure continue à entraver une reprise plus vigoureuse. Les conditions du marché du travail ont montré récemment certains signes de stabilisation, avec un taux de chômage qui devrait culminer cette année au niveau de 10 %. Les mesures budgétaires temporaires mises en place ont joué un rôle essentiel dans l’inversion de la tendance économique dans l’UE, mais ont aussi aggravé le déficit public, qui devrait atteindre 7¼ % en 2010, avant de reculer légèrement en 2011.

La récession économique a pris fin dans l’UE au cours du troisième trimestre de 2009. Au-delà du redressement initial, la relance s’avère plus progressive que lors de périodes de reprise précédentes. Le redressement conjoncturel qui suit une crise financière a tendance à être plus tempéré qu’en d’autres circonstances. La croissance du PIB ne devrait redémarrer plus fermement qu’à partir de la fin de 2010. La croissance de la consommation est également limitée par la faible croissance des salaires et de l’emploi, ainsi que par la correction du marché du logement.

La récession a eu des conséquences majeures sur les finances publiques. Sous l’effet du jeu des stabilisateurs automatiques et des mesures discrétionnaires prises pour soutenir l’économie dans le cadre du plan européen pour la relance économique, le déficit public a triplé depuis 2008. Le ratio de la dette au PIB devrait continuer de croître. La dette publique, élevée et en augmentation en moyenne, est l’héritage le plus durable de la crise; elle influera sur l’économie bien au-delà de la période de prévision considérée.

Une incertitude élevée continue à entourer la relance économique dans l’UE, comme le montrent par exemple les tensions récentes observées sur les marchés d’obligations d’État. Des incertitudes entourent également les prévisions, avec des risques qui s’annulent dans l’ensemble. Par ailleurs, une nouvelle aggravation des déséquilibres mondiaux pourrait nuire aux perspectives de croissance européennes.

Malgré des signes de stabilisation apparents, le marché du travail devrait rester atone. Les évolutions sur ce front seront d’une importance cruciale pour le processus de reprise dans l’UE. Par ailleurs, le redressement observé sur les marchés émergents et la relance des échanges qui en résulte pourraient stimuler l’économie de l’UE davantage que ne l’indiquent les prévisions actuelles. Le bouclage de l’opération d’aide financière à la Grèce devrait renforcer la confiance des investisseurs et des consommateurs. Les risques pesant sur l’inflation semblent eux aussi se neutraliser mutuellement.

L’économie française devrait ainsi croître de 1,3% en 2010 et 1,5% en 2011, contre 1,2% et 1,6% respectivement pour l’économie allemande.

En ce qui concerne les nouveaux membres d’UE, ils montreront les meilleurs résultats : 2,7 % de croissance en Pologne et Slovaquie, 1,6 % en République Tchèque. Par contre la croissance sera inferieure de Romanie (0,8%) et nulle en Hongrie et Bulgarie. Le taux de chômage sera au dessous de la moyenne européenne en Bulgarie (7,9%), Romanie (8,5%), République Tchèque (8,3%) et Pologne (9,2%).

Pareil au neveu de déficit budgétaire les pays de « l’Europe de l’est » auront meilleurs résultats que la « vielle Europe » avec 2,8% du déficit en Bulgarie, 4,1% en Hongrie, 5,7% en République Tchèque, 6% en Slovaquie, 7,3% en Pologne et 8% en Romanie. Le déficit français devrait quant à lui s’inscrire à 8% du PIB en 2010, alors que la dette devrait augmenter à 83,6% du PIB respectivement. En Grèce, le déficit est attendu à 9,3% du PIB en 2010 et 9,9% en 2011, alors que la dette devrait exploser à 124,9% du PIB en 2010 et 133,9% en 2011.

Les prévisions concernant le taux de croissance en Ukraine et Russie sont aussi très optimistes : 2 - 3% en 2010. Le FMI dans son dernier rapport estime que l’économie de la Turquie peut élargir de 5,2 % cette année. 

Ces sont les pays émergents qui ouvrent la voie à la reprise mondiale.  Les pays émergents, emmenés par l’Asie, se montrent relativement dynamiques tandis que dans les économies avancées, l’activité est encore molle et reste tributaire des mesures de relance prise par les pouvoirs publics, indique le FMI dans une mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale publiée le 26 janvier.

• Thursday, March 18th, 2010

Le changement climatique est l’une des menaces les plus graves pesant sur l’humanité. Aujourd’hui, les priorités de tous devraient être orientées vers la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, la réduction des effets de la pollution sur la santé et l’utilisation responsable des ressources naturelles.
Ainsi, dans une décision historique prise en décembre 2008, les dirigeants de l’UE ont approuvé un plan très ambitieux qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 20 % d’ici 2020 (par rapport aux niveaux de 1990), à faire passer la part des énergies renouvelables à 20 % du marché et à réduire de 20 % la consommation globale d’énergie (par rapport aux projections). Toujours dans le domaine des énergies renouvelables, les dirigeants ont convenu que 10 % du carburant destiné au transport devra provenir des biocarburants, de l’énergie électrique ou de l’hydrogène.

Un des piliers de la stratégie de l’UE pour lutter contre le changement climatique est le Système d’échange de droits d’émission CO2. Introduit en 2005 suite aux recommandations de Protocole de Kyoto, ce système s’applique à environ 12 000 entreprises et usines responsables d’environ la moitié des émissions de CO2 dans l’UE. Par le principe il récompense les entreprises qui réduisent les émissions de dioxyde de carbone et pénalise celles qui dépassent les limites fixées. Le but de cet instrument économique de politique environnementale est de réduire les émissions de gaz à effet de serre à un moindre coût.

Les Etats membres adoptent des Plans Nationaux d’Allocation de Quotas (« PNAQ ») dans lesquels ils fixent la quantité globale de quotas qui seront affectés aux installations établies sur leur territoire et visées par la directive (détermination du « plafond d’émissions»). Bien que soumis au respect de certains critères lors de l’élaboration de leurs plans, les Etats ont conservé une marge de manœuvre importante en ce domaine. La quantité globale de quotas à affecter sur leur territoire ainsi que la méthodologie utilisée pour l’élaboration de ces plans est restée largement entre leurs mains. En se basant sur cette prérogative les Etat ont pu d’approvisionner généreusement ses entreprises en quotas.

Pour décider de l’allocation des quotas, les gouvernements se sont basés à la fois sur les émissions historiques et sur les besoins en croissance de l’installation. L’exploitant de l’installation concernée reçoit ainsi en début d’année une quantité déterminée de quotas d’émissions de CO2. En fin d’année, l’exploitant devra restituer autant de quotas qu’il aura rejetés de tonnes de CO2 au cours de l’année civile écoulée. Pourtant, cette allocation gratuite des quotas est porteuse d’effets pervers. En particulier, les exploitants peuvent préférer de ne pas réduire leurs émissions pendant la première période de crainte de recevoir moins de quotas pour les périodes suivantes.
Cependant le point le plus originale de ce projet est la création du marché des quotas. Les entreprises dépassant leur quota de CO2 auront le choix entre diminuer leurs propres émissions ou acheter des permis d’émission auprès d’autres entreprises plus efficaces sur le plan énergétique.

On peut se donc imaginer que de nombreuses entreprises préféreront acheter des quotas plutôt que subir des couts beaucoup plus élevé liées au changement des installations. Bien évidement malgré des belles déclarations d’orientation vers le développement durable, les entreprises sont avant tout préoccupés par le problème de diminution des couts. Certainement il y a des entreprises prêtes à diminuer ses émissions CO2 pour profiter ensuite de la possibilité de revendre ses permis d’émission et gagner de fonds pour le financement des projets de développement. Cependant est-ce qu’elles seront assez nombreuses pour faire une vraie révolution dont on a besoin ? Ou bien encore - est-ce que le bilan global de cette opération sera positif ?
On ne peut pas reprocher l’UE de ne pas vouloir accabler ses entreprises avec de nouveaux couts. Mais l’idée de «marché de droits à polluer» et distribution gratuite des permis de polluer semble être en elle même erronée.

 

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• Saturday, November 07th, 2009

Central and eastern Europe is starting to see a “bottoming out” of its deepest recession since the collapse of communism but any upturn is likely to be “fragile and patchy”, says the European Bank for Reconstruction and Development in an annual economic report published in October.

The economies of central and eastern Europe are expected to contract by an average of 6.3 per cent in 2009 following steep output declines in the first half of the year. Signs of positive growth in the third quarter of 2009 suggest that the recession is now bottoming out in many countries of the EBRD region. However, any upturn in 2010 is likely to be fragile and patchy.

The EBRD’s Transition Report 2009 points out there are likely to be significant cross-country differences in output growth in 2010, masked by an average growth rate for the region of about 2.5 per cent.

“It is also clear that the social costs of the global economic crisis are only likely to be felt in earnest next year, when corporate bankruptcies and unemployment will continue to rise. Growth over the medium term in the EBRD region is also likely to be below the trend experienced over the last decade,” said EBRD Chief Economist Erik Berglof.

Although year on year growth in 2010 is now projected to be higher than the 1.5 per cent seen in the EBRD’s May forecasts, this mostly reflects the recovery from a deeper than anticipated downturn in the first half of this year, rather than a more vigorous economy during 2010.

Factors restraining growth in 2010 include the subdued pace of export market recovery (particularly in the Euro area) and continuing tight credit conditions, as banks continue gradually to shrink their assets in the region and as lending to households and small firms remains constrained by rising non-performing loans.

Recovery masks cross-country differences

Economies that continue to face problems in their banking sectors and domestic obstacles to a return of confidence could contract further in 2010 or show only flat growth.

In some countries with hard currency pegs, the need to adjust real exchange rates through prices and wages could also weigh on aggregate demand. So could the need for further fiscal adjustment. This could slow the recovery in countries such as Bulgaria, Latvia, or Lithuania.

The speed of recovery is particularly uncertain in Russia and Kazakhstan, which benefit from stronger fiscal positions, but at the same time suffer from weak banking systems and high non-performing loans and commodity dependence.

The recovery prospects for these countries will depend on the success of the authorities in cleaning up banking systems, as well as the strength of the international recovery, particularly through its impact on commodity prices.

Russia’s economy is expected to shrink by 8.5 per cent on a year-on-year basis in 2009, followed by a rebound in late 2009 and growth of about 3 per cent in 2010 year-on-year. Kazakhstan will suffer a much milder output decline this year (of about 1.5 per cent) but the recovery is expected to be weak, in the order of +1.5 per cent.

Relatively faster 2010 growth, in the order of between about 2 and 5 per cent is expected in some internationally competitive countries with relatively sound pre-crisis banking systems, such as Albania, Poland, Slovakia, and Slovenia.

Some commodity rich countries including Azerbaijan, Mongolia, Turkmenistan, and Uzbekistan, whose financial systems were smaller and less affected by the crisis, and whose growth is mostly driven by commodities, are also expected to grow faster in 2010, in the order of 5 per cent or more.

In Hungary, which was hit particularly hard at the start of the crisis, the crisis has been contained thanks to strong international support as well as sound domestic policies. However, its growth is expected to remain slow in 2010 due to necessary fiscal adjustment and a continued credit crunch. It is expected to show slightly negative growth next year, driven by a weak economy in late 2009 and early 2010.

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• Saturday, August 01st, 2009

S’il y a une exposition à ne pas manquer cette année c’est sans doute celle-là du père de l’art abstrait - Vassily Kandinsky au Centre George Pompidou. Pour la première fois depuis vingt cinq ans, l’ensemble de l’oeuvre du grand artiste russe est montré, dans toutes les phases créatives de sa vie (Paris /Munich, Moscou/Weimar /Dessau/Berlin, Paris) à travers une sélection de peintures majeures, allant de 1907 à 1942.


Est-ce que l’abstrait peut être beau ?

L’art abstrait est un « langage visuel » que n’essaie pas de représenter « les apparences visibles du monde extérieur », mais tente de donner une contraction du réel ou encore d’en souligner les « déchirures ». Il ne représente pas des sujets ou des objets du monde naturel, réel ou imaginaire, mais seulement des formes et des couleurs pour elles-mêmes.

J’avais toujours la tendance à mépriser l’art abstrait. J’étais parmi ceux qui le considèrent comme la création sur la commande des gens superficiels cherchant uniquement à « se différencier du peuple attiré par l’art réaliste et populaire ».  Pareil, je considérais le succès de l’explosion de Kandinsky au Centre George Pompidou comme un grand effet de la mode et de la publicité.  Cependant un soir j’ai décidé de juger moi-même la création du père de l’art abstrait. J’ai quitté l’exposition vraiment impressionnée…

Les œuvres de Kandinsky emploient un éventail impressionnant de couleurs et de techniques picturales. Dans ses écrits il annonce clairement avoir abandonné « les apparences extérieures dans l’espoir de pouvoir communiquer plus directement les sentiments au spectateur. » Kandinsky considérait que les couleurs et les formes pouvaient communiquer des vérités spirituelles, cachées derrière les apparences quotidiennes et qui sont difficiles à décrire par les mots. Il voyait même une similitude entre la musique et la peinture, en 1912 il écrivit : « La couleur est le clavier. L’œil est le marteau. L’âme est le piano, avec ses nombreuses cordes. L’artiste est la main qui fait résolument vibrer l’âme au moyen de telle ou telle touche. »

De Moscou à Paris…

La vie de Vassily Kandinsky fut une vie d’exil marquée par des grands événements  de l’histoire européenne de la première moitié du  XXe siècle. S’il est né en Russie, c’est en Allemagne que, par deux fois son talent trouvera à s’épanouir et à Paris que s’achèvera son parcours.

Il faut savoir que la création abstraite de Kandinsky est le fruit d’un long développement, d’une longue maturation et d’une intense réflexion théorique fondée sur son expérience personnelle et l’évolution de son esprit vers la beauté intérieure. L’exposition au Centre George Pompidou que rassemble une centaine de peintures abouties de Kandinsky représente parfaitement l’incroyable évolution de l’artiste.

Né en 1899 à Moscou, Vassily Kandinsky grandit dans le milieu lettré et germanophile. En 1871, à la séparation de ses parents, il part vivre quelques années à Odessa avant de revenir à Moscou pour s’inscrire à la faculté du droit. Il devient assistant-enseignant à l’université de droit et épouse sa cousine Anna Chemiakina. Au cours de son voyage de noces à Paris, il retrouve la séduisante atmosphère artistique et cosmopolite de la capitale qui relève en lui de plus en plus forte sensibilité à l’art. Finalement en 1896 il part à Munich pour suivre les études à l’académie des beaux-arts. La, il rencontre Gabriele Munter qui devient sa compagne jusqu’à 1914. Ils voyagent ensable en Europe, passent une année à Paris (ou Kandinsky peindra ses belles toiles inspirées par le thème de la Vielle Russie, notamment « La Vie mélangée ») pour s’installer ensuit à la campagne dans le Alpes bavaroises. Parallèlement Kandinsky fond à Munich association des artistes avec  le but de créer une « synthèse artistique ». Il mène un travail de recherche intense, tant sur le plan théorique avec l’écriture de son texte essentiel « Du spirituel dans l’art », que plastique avec la réalisation de sa première œuvre abstraite. Kandinsky se lance dans la voie de l’abstraction qui lui apport des premières succès. Mais la Première guerre Mondiale va mettre brusquement fin à s cette période exceptionnelle. En tant que citoyen russe, il doit quitter l’Allemagne, ce qui représente pour lui une vraie rupture : séparation avec Gabrielle Munter, avec le pays ou son art a pu s’exprimer  et enfin l’arrêt d’une vague créatrice dans sa vie.

Son retour forcé dans le pays natal d’abord mal vécu par Kandinsky, finalement apport ses fruits. Kandinsky se retourne vers un certain réalisme issu du folklore russe. En 1917 il épouse Nina von Andreevsky qui partage avec lui le dur période de la révolution : confiscation des biens, pénurie.  Kandinsky ne tarde pas cependant à s’engager dans la vie artistique de Moscou, il enseigne aux Ateliers nationaux, participe à la restructuration des musses, pour finalement trouver une poste de chargé des contacts artistiques avec des institutions européennes ce qui lui permutera de gagner Berlin en 1921.

En 1933, les Kandinsky s’installent à Neuilly-sur-Seine. Malgré ses amitiés l’artiste a mal à trouver sa place dans le milieu parisien ou l’art abstraite est jugé « trop cérébrale et répétitif ». Il faut attendre l’exposition  au Jeu de Paume en 1937 pour que son œuvre soit enfin reconnue. Obtenant la nationalité française en 1939, Kandinsky refuse l’invitation de ses amis aux Etats-Unis et reste en France ou il meurt en 1944, quelques mois avant la fin de la guerre.

Grâce au don de sa femme, Nina Kandinsky, qui meurt en 1980, la France possède aujourd’hui une riche collection d’œuvres du peintre. L’exposition au Centre George Pompidou rassemble en plus les autres importantes collections de ses œuvres des Etats-Unis et Allemagne - la Städtische Galerie in Lenbachhaus de Munich et le Solomon R. Guggenheim Museum de New York. Pour les voir ou revoir il ne reste pas beaucoup de temps. L’exposition se terminera le 10 aout !!!

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• Sunday, June 14th, 2009

A l’heure du 20eme anniversaire de la chute du communisme dans l’Europe de l’Est, les regards se tournent plus souvent vers le passé. Les souvenirs évoquent une multitude de sentiments, un sourire ou de la nostalgie chez certains, du dégoût chez les autres… Néanmoins le temps est venu de réfléchir à l’influence d’un demi-siècle d’expérience communiste sur notre actuelle identité nationale.

Si nombre d’historiens et d’hommes politiques ont pu détailler avec précision les événements de l’époque et apporter de précieux commentaires, il est en revanche beaucoup plus difficile d’imaginer et de comprendre les problèmes de la vie quotidienne des simples citoyens. La situation économique désastreuse, les lois absurdes, la censure et l’hypocrisie du gouvernement socialiste qui cachait ses échecs derrière la propagande du succès - voilà la réalité folle à laquelle les Polonais devaient faire face au quotidien. Cette expérience extrême a évidemment imprimé sa marque à l’actuelle culture du pays.

Pour mieux comprendre l’absurdité de la vie sous le régime communiste on peut faire référence à ces films cultes de l’époque, qui illustrent de façon implicite (à cause de la censure) des situations grotesques de la vie d’un ‘homo sovieticus’ en République Populaire Polonaise. Le maitre de cette critique du système cachée derrière les symboles, allusions et sous-entendus est le cinéaste Stanisław Bareja dont le film ‘Miś’ (’Ourson’) et la série ‘Alternatywy 4′ sont  devenus les icônes de l’époque.

La réalité folle de l’époque communiste

Le héros principal du chef-d’œuvre de Bareja ‘Mis’ - Ryszard Ochódzki, président du club sportif ‘Arc-en-ciel’, connu sous le nom de ‘Miś’ (’Ourson’), est un homme emblématique dans le système communiste. Il est opportuniste, hypocrite et il abuse de son pouvoir à des fins privées. Bareja montre tout un éventail de personnages créés par le système socialiste qui ont tous un trait commun - la capacité à s’adapter aux absurdités du système.

Comme la situation économique de la République Populaire Polonaise était catastrophique, marquée par un manque permanent de produits de base, les citoyens devaient faire face à des conditions de vie particulièrement éprouvantes et mettre en œuvre leur créativité étonnante pour se procurer des biens difficilement accessibles sur le marché local. Bareja montre l’excellent fonctionnement du marché noir. Une vendeuse dans un kiosque de presse s’avère être une commerçante avisée qui propose un produit tant désiré- la viande et pour communiquer avec ses clients utilse un code spécial- les titres des magazines signifient les types des viandes vendues : «Politechnik» (Polytechnique) devient l’équivalent du porc et «Poradnik spaleologiczny» (Guide spéléologique) signifie du foie. 

L’aptitude à contourner les règles, ou à s’arranger concerne également les représentants du pouvoir communiste - la police. Dans une scène, un policier (milicjant) arrête le conducteur du chariot rempli de sapins et lui propose un échange particulier - le paysan échappera à une amende s’il donne un sapin au fonctionnaire. L’événement devient plus grotesque quand celui-ci propose d’échapper à une deuxième amende en échange d’un autre sapin pour son cousin…

L’art de la « combine » transforme la société en une mascarade généralisée, en un arrangement perpétuel avec les lois et les codes, où celui qui fait preuve d’inventivité aura gain de cause.

Tous sont égaux ?

Ainsi il est incontestable que les Polonais restent toujours très méfiants par rapport à leur gouvernement et à toutes les institutions de l’autorité centrale et locale. La série télévisée, ‘Alternatywy 4′ mise en œuvre par Bareja en 1983 peut servir comme une excellente illustration de ce trait national des Polonais.  L’action de la comédie se déroule à Varsovie, rue Alternatywy 4 où un nouvel immeuble vient d’être construit. A l’époque du communisme les appartements étaient distribués par les autorités locales et il n’était pas rare que pour obtenir le droit au petit studio il fallait attendre une décennie. Les critères de la distribution n’étaient jamais objectifs et les appartements étaient très souvent attribués aux amis et familles des fonctionnaires publics, qui de leur part se considéraient comme des citoyens supérieurs aux autres.

Les locataires de l’immeuble Alternatywy 4 viennent de milieux sociaux très différents - il y parmi eux le professeur de l’université, l’ouvrier, l’homme politique important, l’agriculteur, le retraité. Le personnage central est un concierge, Stanisław Anioł, qui veut être considéré comme un fonctionnaire important et gagner l’autorité en surveillant et en organisant la vie sociale des locataires. Anioł devient vite un despote et l’ennemi public de tous les locataires, impuissants face à l’autorité du fonctionnaire de l’Etat. Monsieur Kołek, le médecin, est le chanceux qui a obtenu le droit à l’appartement. On le voit à l’hôpital - très typique pour son époque - faute d’espace les patients sont placés dans les couloirs. Un des malades se plaint d’avoir mal à la tête mais l’infirmière lui explique que le médecin vient d’obtenir le droit à l’appartement donc il n’y aura pas de temps pour l’examiner. Le malade désespéré, pour se faire soigner donne au médecin ses coupons pour les biens de luxe. L’infirmière prétende de ne pas avoir vu ce pot de vin… La scène est une représentation excellente de la réalité des services médicaux en Pologne. La plupart des Polonais restent toujours convaincus que le médecin s’attend au pot de vin pour prendre soin d’un malade et dans les cas extrêmes les gens sont même capables de prendre un crédit bancaire pour honorer un médecin.

La survie dans un monde qui est devenu fou n’était possible que grâce à une grande inventivité pour recréer les impressions de la normalité en exploitant les marges de liberté laissées par le système. Tel était aussi le sort des artistes à qui la censure ne permettait pas de créer librement. Stanisław Bareja a maîtrisé à perfection l’art de communiquer avec un spectateur polonais en ridiculisant de façon très habile les pouvoirs de la République Populaire Polonaise. Il fait un clin d’œil au public polonais vivant dans un pays où le capitalisme était un péché grave, en forçant Ochódzki, le président du club sportif,   à mettre en garde les membres de son club partant dans un pays capitaliste pour qu’ils ne soient pas ‘aveuglés par les avantages de ce pays’. Dans une autre scène, on voit la réunion de l’équipe du film qui ressemble énormément aux réunions du parti communiste. Leurs propos portent tous les traits caractéristiques du langage des dirigeants communistes : l’ordre des mots dans les phrases est chaotique, les paroles sont pleines de néologismes bizarres et elles sont dépourvues de sens. Bareja va même plus loin : il fait allusion au Premier secrétaire Edward Gierek en mettant dans la bouche de Ryszard Ochódzki la question célèbre de Gierek : ‘A jak w waszym życiu osobistym ?’ (Comment ça va dans votre vie privée ?).

Dans le film de Bareja les moqueries de l’absurdité du système socialiste ne s’appuient pas seulement sur la langue mais aussi sur le symbolisme. Quand dans le film «Miś» tous les tramways tombent en panne, les médias se mettent à présenter cet événement comme la manifestation de la bonne volonté du gouvernement - ‘c’est évident qu’aller à pied est bon pour notre cœur’. On établit même la ‘Fête du passager qui marche’ pour commémorer cette tentative des bienfaiteurs communistes d’améliorer la santé des citoyens. C’est une référence claire à la propagande du succès sous le régime socialiste.

Ce qu’il reste de ces années…

Que ca nous plaise ou pas, le fait est, qu’on a été tous formés par la culture dans laquelle on a grandi. L’esprit de la culture régionale, nationale ou supranationale résulte de l’expérience commune de la société. Afin de le comprendre il faut d’abord connaître les conditions dans lesquelles l’esprit de la communauté s’est formé. Ainsi il est impossible de bien comprendre l’esprit de la culture polonaise, sans faire référence aux  plus de quarante ans d’une incroyable expérience du communisme. Malgré toutes les absurdités politiques et sociales, les Polonais se sont adaptés aux conditions et développés des attitudes et approches spécifiques transmises d’une génération à l’autre. Par conséquent, bien que les jeunes Polonais soient de plus en plus influencées par la culture occidentale, bien qu’on fasse tous partie du ‘global village’, on ne peut pas nier qu’il y ait toujours certains éléments propres à la culture polonaise qui résultent de l’époque du communisme.

En conclusion, «l’esprit de la culture polonaise» tel qu’elle se manifeste encore aujourd’hui s’exprime bien dans la célèbre expression polonaise : ‘Polak potrafi !’ (Le Polonais sait se débrouiller.) La réalité communiste absurde dans laquelle les Polonais essayaient de mener une vie normale a forgé cette capacité d’adaptation. Toutefois celle-ci n’est pas synonyme de soumission et d’acceptation passive du cours des événements. Au contraire, dans le cas des polonais, cela veut dire utiliser tout les sens de la créativité pour se débrouiller dans des situations difficiles et avoir un esprit  critique qui se manifeste par l’humour grotesque.

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• Wednesday, June 10th, 2009

20 ans après l’effondrement du bloc soviétique CNN International lance un nouveau projet «The Autumn of change» dédié à la présentation de l’Europe de l’Est et de ses transformations.

Tout au long de l’année vous pourrez découvrir des reportages sur la Pologne, la Républiques Tchèque, la Slovaquie, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie sur la chaîne du CNN ainsi que sur son site internet.

“The Autumn of Change” combinera émissions en direct, documentaires, images d’archives, interviews passées et présentes.

La première de la série de documentaires «The Autumn of Change» est consacrée à la Pologne. Pendant une semaine spéciale intitulée “The new Poland“, l’antenne CNN International se concentre sur une rétrospective des événements ayant bouleversé la Pologne et l’Europe de l’Est, il y a 20 ans. En 1989, la défaite du parti communiste polonais face à Solidarnosc lors d’élections historiques a entraîné la chute du communisme dans toute l’Europe centrale et orientale. CNN s’intéresse aux transformations survenues en Pologne depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui, analyse son économie, la gastronomie et la culture.

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